site de la ville de Triel
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Vin de Triel

A la belle époque, Triel était essentiellement un village agricole La culture des arbres fruitiers y était omniprésente. Abricotiers, pruniers, pommiers, poiriers mais aussi la vigne couvraient la plus grande partie du territoire de la commune. La commune était à caractère essentiellement rural. On peut voir encore aujourd’hui dans certaines rues les grands portails des anciennes fermes aujourd’hui transformées (rue des Créneaux, Pissefontaine etc…), témoins présents de cette époque.

Triel au temps du "bois tordu" et du vin clairet…

Le bouilleur de crus qui venait chaque année avec son alambic pour la fabrication de l’eau de vie, "la goutte", est encore présent de nos jours à Triel en Janvier, mais les personnes disposant d’un droit "de bouillir" dans la région, se font de plus en plus rares, ce droit non transmissible s’éteignant de ce fait, inexorablement.

Il parait que le jus que l’on tirait des vignes de Triel et Chanteloup donnait un cru excellent. On peut en effet voir figurer un "Triel millésimé " aux côtés d’un St-Emilion sur certains menus du XIXème siècle. Il parait même qu’une échoppe parisienne fût spécialisée dans la vente de ce vin. Selon les chroniques anciennes, sa réputation n’était pas usurpée et il ne faudrait pas croire que les gens de l’époque n’appréciaient pas le bon vin. Louis XIV disait même lorsqu’il parlait d’un homme qu’il n’aimait pas " il est aussi mauvais que le vin de …." (On ne citera pas ce cru de l’ex Seine et Oise pour ne vexer personne !!) . Par contre, il appréciait ce vin qui provenait du pays de naissance de sa nourrice Perrette Ancelin, Trielloise à qui il voua toute sa vie un amour quasi filial, mais ceci est une autre histoire.

Hélas, le phylloxéra détruisit la quasi-totalité des vignobles de France et si dans certaines régions on a pu replanter des ceps étrangers, ce ne fût pas le cas dans la région de Triel où le climat ne convient pas aux greffes. Ainsi disparut le vin de Triel. Le temps des vendanges était pourtant un moment important de la vie locale, des conseils municipaux y étant consacrés et une fête du vin avait même lieu sur le vieux pont, aujourd’hui démoli.

Bouteille des coteaux de Triel

Il reste aujourd’hui un seul vigneron qui y cultive à titre privé un dernier carré de vigne sur la route de Vaux. La commune de Chanteloup voisine, comme celle du Pecq, a tenté avec succès la restauration d’une vigne sur les lieux d’origine. Il faudra attendre que le temps fasse son œuvre pour pouvoir l’apprécier.

Ajoutons à ces activités viticoles, la pêche qui faisait également la réputation de la ville. On s’amusait aussi sur le fleuve avec les traditionnelles promenades en barque façon Renoir, comme à Rueil (Grenouillère), à Chatou (maison Fournaise) ou encore à Conflans.

Les garages à bateaux florissaient avec les guinguettes (Garage à bateaux Moilard près du Coq au Vin). On pouvait traverser aussi la Seine en bac avec un passeur.

Sur le fleuve, à hauteur de l’ancienne place du marché (actuellement Quai Auguste Roy et Chemin des Baigneux) se trouvait ancrée une péniche sur laquelle les ménagères pouvaient aller laver leur linge puisqu’une partie du bateau était constituée de lavoirs. L’autre partie permettait de prendre des bains chauds. Souvenirs émouvants d’un passé révolu. Autre temps, autres mœurs….nostalgie…

J.R/coll. P. Grand/arch.Munic.